Le jiu-jitsu change-t-il ton cerveau? Un peu, peut-être, et la recherche est prometteuse mais jeune. Chez les personnes âgées, l'entraînement semble faire monter une protéine qui aide les cellules du cerveau à croître. Lors de séances isolées, il a aussi fait monter une hormone qui aide à créer des liens avec les gens. Presque tout ça vient du judo, du taekwondo et d'autres arts martiaux, et la seule étude sur le jiu-jitsu est minuscule. On te dit chaque fois de quel sport il s'agit.
La réponse courte
- Croissance du cerveau : des personnes âgées qui ont pratiqué le judo, le taekwondo ou un autre art martial pendant 12 à 16 semaines avaient plus de BDNF, une protéine de croissance du cerveau.[1][3][4]
- Liens : une hormone appelée ocytocine, qui aide les gens à créer des liens, a monté après un entraînement intense (jujitsu japonais, pas du BJJ), et davantage après le combat au sol qu'après les coups de poing et de pied.[7][8]
- Combat libre : chez des judokas, le combat libre a fait monter cette protéine plus qu'un test de forme difficile, mais de jeunes hommes qui ont fait 8 semaines de taekwondo n'ont montré aucun changement net.[2][5]
- Limites : un taux plus élevé de cette protéine dans ton sang est un indice, pas la preuve d'un cerveau plus vif, et la seule étude sur le jiu-jitsu comptait 11 athlètes.[6]
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Ce que les études ont trouvé
| Étude | Qui | Sport | Résultat |
|---|---|---|---|
| Kujach et autres, 2022 | 40 personnes âgées, 12 semaines, avec groupe de comparaison | Judo | BDNF en hausse; plus rapides à un test de concentration; jambes plus fortes, meilleur équilibre [1] |
| Schor et autres, 2019 | 56 athlètes d'équipe nationale, hommes et femmes | Judo (combat libre) | Le BDNF a augmenté davantage après le combat libre qu'après un test de forme difficile [2] |
| Hola et autres, 2024 | 77 adultes, âge moyen de 70 ans, répartition au hasard | « Arts martiaux » (style non précisé), comparés à la danse | BDNF en hausse dans les deux cas; la danse a fait plus pour la mémoire et l'humeur [3] |
| Cho et Roh, 2019 | 37 femmes de 65 ans et plus, répartition au hasard, 16 semaines | Taekwondo | Force, BDNF et autres facteurs de croissance en hausse; meilleur score à un test d'attention [4] |
| Kim, 2015 | 14 jeunes hommes, 8 semaines | Taekwondo | À l'inverse : le BDNF n'a pas changé de façon significative; le test de concentration s'est amélioré [5] |
| Stacey et autres, 2021 | 11 athlètes d'élite et 11 témoins comparables | Jiu-jitsu brésilien | Plus de sang vers le cerveau au repos; résultats normaux aux tests de réflexion. Un seul moment dans le temps : aucune cause démontrée [6] |
| Rassovsky et autres, 2019 | 68 pratiquants débutants et avancés, étude en laboratoire | Jujitsu japonais (inclut le combat au sol; pas du BJJ) | L'ocytocine a augmenté après l'entraînement, davantage après le combat au sol qu'après le combat avec coups [7] |
| Harwood-Gross et autres, 2020 | Jeunes de milieux à risque et d'écoles ordinaires; nombre non donné dans le résumé | « Arts martiaux » (style non précisé) | L'ocytocine est restée élevée après le retour au calme chez les jeunes à risque; le cortisol a réagi différemment selon le groupe [8] |
| Bailey et autres, 2026 | Revue, aucun nouveau participant | Sports de combat, dont le BJJ | Une idée, pas un résultat : de brèves baisses de l'afflux sanguin liées aux étranglements pourraient activer des réponses protectrices [9] |
Qu'est-ce que le BDNF, et l'entraînement en arts martiaux le fait-il monter?
Chez les personnes âgées, il semble que oui. Le BDNF est une protéine qui aide les cellules du cerveau à survivre et à croître, un peu comme un engrais pour le cerveau. Dans une étude, des personnes âgées qui ont fait du judo pendant 12 semaines avaient plus de BDNF dans le sang que des gens qui ne s'entraînaient pas. Elles sont aussi devenues plus rapides à un test de concentration, avec des jambes plus fortes et un meilleur équilibre.[1]
Un autre essai a réparti des personnes âgées entre la danse, les arts martiaux et un groupe de comparaison (le résumé ne nomme pas l'art martial). La danse comme les arts martiaux ont fait monter la protéine après 12 semaines, même si la danse a fait plus pour la mémoire et l'humeur.[3] Les arts martiaux sont donc une bonne option, pas la seule.
Les femmes âgées en ont aussi profité. Après 16 semaines de taekwondo, des femmes de 65 ans et plus avaient plus de cette protéine, plus de force et un meilleur score à un test d'attention.[4]
Le combat libre change-t-il le cerveau plus qu'un entraînement difficile?
Oui, du moins pour cette protéine, dans une étude auprès de judokas de haut niveau. Ils ont fait un test de forme de plus en plus difficile, et ils ont aussi fait du combat libre. Le taux a monté davantage après le combat libre.[2]
C'était une seule séance : ça montre ce qu'un seul cours peut faire, pas ce qu'une année d'entraînement fait. Sur le tapis, le combat libre te demande de forcer, de décider vite et de lire une vraie personne en même temps. C'est ce qu'on voit en classe, pas un résultat d'étude.
Est-ce pareil pour les jeunes adultes?
Pas clairement. De jeunes hommes qui ont fait 8 semaines de taekwondo n'ont pas montré de changement net de cette protéine, même s'ils ont mieux réussi un test de concentration.[5] Le groupe était petit et le programme court : c'est une limite, pas un verdict.
La plupart des recherches sur cette protéine portent sur des personnes plus âgées. Ces études ne peuvent pas te dire ce qui arrive à un adulte typique dans la vingtaine, la trentaine, la quarantaine ou la cinquantaine.
L'entraînement fait-il monter l'ocytocine, l'hormone du lien?
Oui, juste après une séance intense, et surtout après le combat au sol. Dans une étude en laboratoire, des pratiquants de jujitsu japonais (pas du BJJ) ont donné des échantillons de salive. Leur ocytocine a monté après l'entraînement, et davantage après le combat au sol qu'après les coups de poing et de pied.[7] Les chercheurs croient que le contact rapproché, par le toucher, pourrait être la raison.
Une deuxième étude a suivi des jeunes pendant un seul cours d'arts martiaux intense (le style n'est pas nommé). Chez ceux de milieux à risque, l'ocytocine était encore élevée après le retour au calme.[8] Le résumé ne dit pas combien de personnes ont participé : on y voit donc un indice.
Les deux études portent sur une seule séance. Elles ne montrent pas que ton humeur est meilleure un mois plus tard. Le jiu-jitsu repose sur le contact rapproché avec un partenaire : une hormone du lien, ça nous semble logique. C'est notre point de vue, pas une conclusion.
Que se passe-t-il avec les hormones de stress pendant un cours?
Ça dépend de toi. Dans cette même étude d'un seul cours, le cortisol, la principale hormone de stress, a continué de monter pendant le cours chez les jeunes d'écoles ordinaires. Chez le groupe à risque, il n'a pas réagi.[8]
Les auteurs pensent qu'une partie des bienfaits des arts martiaux pourrait venir des hormones, et que l'entraînement peut agir différemment selon les personnes.
En classe, on y voit un endroit sûr pour s'exercer à rester calme pendant qu'un partenaire te contrôle. Aucune étude ici n'a testé ça : c'est notre point de vue. Un tournoi, c'est autre chose, parce que la pression est réelle. Pour le cortisol et la testostérone le jour d'une compétition, lis ce que dit la recherche sur la compétition.
Le jiu-jitsu change-t-il l'afflux de sang vers le cerveau?
Dans une petite étude, oui. Onze athlètes d'élite de BJJ, avec environ 8 ans d'entraînement, avaient plus de sang qui circulait vers le cerveau au repos que 11 témoins comparables. Leurs résultats aux tests de réflexion étaient normaux.[6]
Les auteurs y voient une preuve préliminaire de protection. Ils pensent que les brefs moments d'étranglement et l'entraînement par intervalles pourraient l'expliquer.
Une revue de 2026 est allée plus loin. Elle suggère que de brèves baisses répétées de l'afflux sanguin causées par les étranglements pourraient activer les réponses protectrices du cerveau, alors que les coups répétés à la tête en boxe et en MMA mènent à des blessures.[9] La revue parle d'une hypothèse, et cet article ne l'a pas testée. C'est donc une question à vérifier, pas une promesse de santé.
Qu'est-ce que la recherche ne montre pas?
Elle ne montre pas qu'un taux plus élevé de cette protéine améliore ta mémoire. Le taux dans ton sang est un indice, pas la preuve d'un cerveau plus vif, et la plupart des données viennent de personnes âgées dans de petites études.
Elle ne montre pas que le jiu-jitsu a causé l'afflux de sang plus élevé. Une seule étude a utilisé le jiu-jitsu, et elle a comparé 11 athlètes à un seul moment.
Les études sur les hormones portent sur des cours isolés, pas sur des mois d'entraînement. Chez les jeunes hommes, la protéine n'a pas changé, et la danse a fait aussi bien que les arts martiaux, ou mieux, pour la mémoire et l'humeur.
Bref, l'histoire de la chimie du cerveau est prometteuse et encore jeune. On ne la vend pas comme une promesse.
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Références
On a choisi d'abord les essais avec répartition au hasard et les revues, et on a gardé les résultats qui ne vont pas dans notre sens. Chaque lien ouvre le résumé officiel de l'étude, dans sa revue. Les études sur le judo, le taekwondo et les arts martiaux en général sont identifiées comme telles. Les titres restent dans leur langue d'origine.
- Kujach S, Chroboczek M, Jaworska J, Sawicka A, Smaruj M, Winklewski P, Laskowski R (2022). Judo training program improves brain and muscle function and elevates the peripheral BDNF concentration among the elderly. Scientific Reports 12(1):13900. https://doi.org/10.1038/s41598-022-17719-6
- Schor B, Silva SGD, Almeida AA, Pereira CAB, Arida RM (2019). Plasma brain-derived neurotrophic factor is higher after combat training (Randori) than incremental ramp test in elite judo athletes. Brazilian Journal of Medical and Biological Research 52(4):e8154. https://doi.org/10.1590/1414-431x20198154
- Hola V, Polanska H, Jandova T, et al. (2024). The Effect of Two Somatic-Based Practices Dance and Martial Arts on Irisin, BDNF Levels and Cognitive and Physical Fitness in Older Adults: A Randomized Control Trial. Clinical Interventions in Aging 19:1829-1842. https://doi.org/10.2147/cia.s482479
- Cho SY, Roh HT (2019). Taekwondo Enhances Cognitive Function as a Result of Increased Neurotrophic Growth Factors in Elderly Women. International Journal of Environmental Research and Public Health 16(6):962. https://doi.org/10.3390/ijerph16060962
- Kim Y (2015). The effect of regular Taekwondo exercise on Brain-derived neurotrophic factor and Stroop test in undergraduate student. Journal of Exercise Nutrition and Biochemistry 19(2):73-79. https://doi.org/10.5717/jenb.2015.15060904
- Stacey BS, Campbell Z, Bailey DM (2021). Elevated cerebral perfusion and preserved cognition in elite Brazilian Jiu-Jitsu athletes: Evidence for neuroprotection. Scandinavian Journal of Medicine and Science in Sports 31(11):2115-2122. https://doi.org/10.1111/sms.14031
- Rassovsky Y, Harwood A, Zagoory-Sharon O, Feldman R (2019). Martial arts increase oxytocin production. Scientific Reports. https://doi.org/10.1038/s41598-019-49620-0
- Harwood-Gross A, Feldman R, Zagoory-Sharon O, Rassovsky Y (2020). Hormonal reactivity during martial arts practice among high-risk youths. Psychoneuroendocrinology 121:104806. https://doi.org/10.1016/j.psyneuen.2020.104806
- Bailey DM, Stacey BS, Cox K, et al. (2026). Bioenergetics of the combat sports brain: Between risk and resilience. Journal of Cerebral Blood Flow and Metabolism (article 271678X261473394). https://doi.org/10.1177/0271678x261473394